Éloge historique de la ville de Lyon

Éloge historique de la ville de Lyon
Deux mille ans de dialogue entre l’Église et la Société, de François Leblond

Un ouvrage lu par Nicolas Saudray
Septembre 2026

François Leblond, lyonnais depuis sa tendre enfance,  membre de la promotion Montesquieu, a terminé sa carrière au service de l’État comme préfet de région ; il est l’auteur de quatorze ouvragesà dominante  historique, consacrés entre autres à Voltaire et à Sciences Po.

Pour la richesse de son passé, Lyon vaut bien Paris. J’ajoute (remarque personnelle) qu’étant située au confluent du Rhône et de la Saône, cette métropole aurait dû logiquement jouer, à compter du XVIème siècle, le rôle économique, financier et culturel dévolu en fin de compte à Genève qui est moins bien placée. Il est clair que le rattachement de Lyon, ville du Saint-Empire, à la couronne de France par Louis X le Hutin a limité son expansion et son rayonnement.

En 1669, le jésuite lyonnais Claude François Ménestier a publié, non pas une histoire de la ville de Lyon, laquelle aurait requis un fort volume, mais son éloge historique. Il a attribué notamment ce succès urbain à la protection contre la bise assurée par les montagnes environnantes, et donc aux larges possibilités offertes, dans les environs, à la culture de la vigne. François Leblond a pris le relais du jésuite jusqu’à nos jours, en insistant sur le caractère travailleur et économe des Lyonnais, ainsi que sur leur niveau d’instruction élevé.

Au XVIIIème siècle, la figure la plus marquante est celle du cardinal de Tencin, archevêque de Lyon et donc primat des Gaules. Après sa mort, une solide franc-maçonnerie se constitue, mais elle n’est nullement hostile aux chrétiens.

En 1793, la révolte de Lyon contre la Convention n’est pas seulement une manifestation girondine et royaliste, mais sans doute aussi une tentative d’émancipation à l’égard de Paris. La place Bellecour est en partie détruite. Des milliers de Lyonnais sont exécutés.

Un peu plus tard, le primat des Gaules n’est autre que le cardinal Fesch, oncle de Napoléon. En 1815, ce prélat discutable se réfugie à Rome, mais il conserve son archevêché !

Suit une remarquable série de personnalités lyonnaises. Le père Chevrier fonde une grande œuvre sociale qui existe toujours, le Prado. Frédéric Ozanam est professeur à Lyon. Eux aussi, les saint-simoniens s’intéressent à cette ville. Henri Germain y fonde le Crédit Lyonnais.

Deux grandes figures dominent le XXème siècle lyonnais : le cardinal Gerlier, à qui l’on a reproché un excès d’indulgence envers le maréchl Pétain, mais qui protégeait les juifs ; et Edouard Herriot, maire de la ville durant cinquante-et-un ans, anticlérical mais toujours prêt aux compromis avec les catholiques.

Le livre s’achève par une présentation des monuments de la ville, dont bien sûr la primatiale Saint-Jean, dotée d’une nef aussi vaste que celle de Notre-Dame de Paris, et par une description de l’ancien conseil municipal, appelé le consulat.

Lyon méritait bien cet hommage.

Le livre : François Leblond, Éloge historique de la ville de Lyon, Deux mille ans de dialogue entre l’Église et la Société. Éd. Librinova, 2026.

132 pages. 15,90 euros. Peut être commandé dans les bonnes librairies, ainsi que sur le site internet de Librinova.

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