La Cofhuat au service des territoires

Par François Leblond

Lorsqu’un préfet prend sa retraite, il quitte d’emblée un univers fait d’innombrables centres d’intérêt qui ne lui laissait guère le temps de prendre du recul : un carnet de rendez-vous très rempli, allant du chef d’entreprise en difficulté au plus modeste citoyen en recherche d’emploi et au militant syndical ou associatif se plaignant de n’être pas assez entendu, tous les malheurs du monde défilant dans son bureau. Du jour au lendemain, un agenda vide.

Je ne pouvais supporter une telle perspective et j’ai eu la chance, lorsque je terminai ma carrière comme président de la Société des Autoroutes Escota, de me voir proposer la présidence bénévole d’une institution que je ne connaissais pas, la Confédération Française pour l’Habitat, l’Urbanisme et l’Aménagement du Territoire, mais dont je pressentais l’intérêt : j’aurais, dès ma retraite, une activité.

Cette association a été créée en 1947, du temps où Eugène Claudius Petit était l’âme du ministère de la Reconstruction. Elle a pour objectif de faire se parler davantage tous ceux qui contribuent à l’acte de bâtir. Mon expérience préfectorale correspondait bien à ce programme. Je succédais à une lignée d’ingénieurs généraux des Ponts et je pouvais ouvrir quelques chantiers nouveaux en fonction de ma formation et de mon expérience de terrain.

Je ne tardai pas à découvrir quelles lignes d’action nouvelles je devrais aborder. Je donnai notamment à la notion d’acte de bâtir une portée plus large que celle portée par les ingénieurs. L’effort de construction, développé dans les années 50, a eu le mérite de répondre aux besoins des mal- logés. En revanche, la précipitation de sa mise en œuvre a laissé des lacunes durables qui expliquent la nécessité, venue très vite, d’une politique de la ville. La Cofhuat, avec sa revue, s’est ainsi engagée dans les réflexions les plus variées, allant de l’enseignement dans les zones défavorisées aux initiatives en matière sportive, culturelle ou économiques et plus récemment, aux questions de sécurité. Nous avons reçu des personnalités s’exprimant en termes concrets grâce à leur expérience. Nous avons regroupé ces collaborateurs volontaires en un « Cofhuat Club » qui constitue une banque d’idées dans les matières objets de nos statuts. Cela nous a aidés, il y a dix ans, à être reconnus d’utilité publique.

Naturellement, nous sommes présents dans d’autres sujets que celui de la politique de la ville, l’environnement par exemple. Nous les abordons en acceptant les points de vue les plus variés sur des questions sensibles comme le gaz de schiste ou les éoliennes. Nous ne demandons pas de subvention à l’Etat ; cela préserve notre entière liberté de parole, même si notre équilibre financier n’en est pas facilité.

L’association, à mon arrivée, était proche du ministère de l’Equipement. J’ai élargi progressivement son réseau en rencontrant d’autres ministères : Intérieur, Culture, Affaires sociales, Éducation. Il est des sujets que je ne peux, à moi seul, traiter, celui du financement du logement, des grands services mis à la disposition des populations et des opérations lourdes d’infrastructures. La promotion Montesquieu, et ses voisines, comprennent parmi leurs membres de bons spécialistes des finances publiques ou de la banque, qui pourraient nous rejoindre et présider de nouveaux groupes de travail.

De même, nous sommes la branche française d’une institution internationale : la Fihuat. Nous voudrions nous en servir davantage pour permettre des comparaisons utiles d’un pays à l’autre. Nos amis diplomates ont de l’expérience en la matière, ils pourraient eux aussi s’associer à nos travaux.

L’initiative que nous avons prise en regroupant des anciens de notre promotion pourrait ainsi déboucher sur quelques actions concrètes comme celles que j’appelle de mes vœux aujourd’hui dans le cadre de la Cofhuat.  Le site internet, heureuse initiative de notre regretté Michel Cotten et aujourd’hui de Patrice Cahart, pourrait faciliter ces échanges entre nous, en constituant, en certains domaines, un lieu privilégié d’échanges.

 

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